Sorties randonnées

Les Asturies (Espagne), du 24 mai au 3 juin 2022

Un CR par jour a été demandé aux personnes volontaires, ce qui constitue un important volume de texte. En conséquence,et pour ne pas faire double emploi avec le journal infos, ces textes sont consultables dans la brochure N°123. Ci-dessous, est présenté seulement le premier texte, lequel présente le voyage en quelques lignes.

Les Asturies c’est très « jouli ».

Une troupe guillerette s’amasse au numéro 1 de la rue Montcalm. C’est le début de l’après-midi, le groupe de bipèdes attend sur le trottoir. Ils piaffent, rient, piétinent. Un bus arrive, tout le monde s’y engouffre. Direction l’aéroport Charles de Gaulle.

C’est sûrement la colonie de vacances qui part dans les Asturies. Quelle jeunesse !

Bon, je ne sais pas vous, mais moi prendre l’avion ne me fait pas peur du tout. Mais alors, pas du tout. Sauf au moment où l’hôtesse de l’air nous présente les mesures de sécurité. Là je commence à douter. Elle nous dit qu’un gilet de sauvetage se trouve sous notre siège, et nous dit comment s’en servir. Donc l’avion peut tomber ! Les statistiques sont formelles sur ce point il y a peu de risques. Je m’accroche à cette idée. Quand je vois le gilet, je transpire. Si ce gilet de pacotille a sauvé un jour la vie de quelqu’un, je veux son nom et son adresse. Il est muni d’une petite sangle qu’il faut clipper. Dès qu’on est hors de l’avion, il faut le gonfler en tirant sur une petite ficelle. On peut aussi le gonfler soi‑même, car il est muni d’une petite paille, il suffit de souffler. Alors là j’imagine. L’avion tombe, nous sommes à plus de 10 000 mètres d’altitude, j’attrape le gilet, je l’enfile, et j’attends patiemment d’être au dehors de l’appareil. À ce moment-là, je tire sur la ficelle, ou bien je souffle. Si je suis dans l’eau, dans les airs, la tête en bas, je souffle, je tire, je souffle, je tire. De qui se moque-t-on ?

Mais ce n’est pas fini, l’avion vole tranquillement, et pour une raison inexpliquée, il n’y a plus d’air à l’intérieur. L’hôtesse nous dit qu’il peut y avoir une dépressurisation de l’appareil. En quelques secondes les êtres humains s’évanouissent. Alors, il ne faut pas tarder, l’hôtesse nous informe qu’un masque va tomber devant nous, il va falloir le mettre sur notre bouche et sur notre nez. En cette période de pandémie, surtout faites très attention, moi je refuse de mettre le masque de mon voisin. Je préfère mourir asphyxiée que chopper le covid. J’ai eu mes trois injections, mais on ne sait jamais. Ces mesures sont censées nous rassurer, mais de qui se moque-t-on ? Bon, heureusement, les statistiques sont formelles les risques sont minimes, c’est scientifique. Bon, si la science s’en mêle, je m’incline ! Bon, finalement l’allée/retour s’est très bien passé.

Les Asturies se situent au nord de l’Espagne. Les Asturiens sont Celtes comme les Galiciens, les Écossais, les Irlandais et les Bretons. Les paysages sont un magnifique mélange de haute montagne avec « los Picos de Europa » et de paysages côtiers la « Costa verde ». « Los Picos de Europa » est le massif le plus élevé de la cordillère cantabrique, il culmine à 2649 mètres, et se situe à 30 km de la mer.

Nous avons eu la chance de visiter cette région « très joulie », lors de belles randonnées. Le premier jour nous faisons les gorges du rio Cares. La randonnée aux dires de notre guide est très difficile. Nous faisons donc deux groupes. Un groupe de très très forts et un autre de très très forts. Tout le monde suit : les uns très haut perchés, les autres le long du rio. Le lendemain les lacs de Covadongas où on peut admirer les neiges éternelles : il suffit de lever la tête. Nous visitons la grotte Cangas de Onis, où nous avons vu une vierge et une source magique. Si on boit l’eau de cette source on est sûr de se marier dans l’année. Préparer vos tenues pour les mariages, certaines et certains y ont cru. Moi je dis on ne sait jamais, en arrivant, je cours chez Zara.

Nous avons aussi bu le cidre servi à la façon asturienne. Sous la musique de la « cornemouse », il faut prendre une bouteille de cidre avec la main droite tendue le plus haut possible au-dessus de la tête, et dans la main gauche un verre le bras très très bas au niveau du pubis, et là, sans regarder il faut viser le verre, et le tour est joué. Il parait que c’est la tradition. Moi je trouve ça un peu compliqué pour boire un verre de cidre. Mais bon si c’est la tradition, je m’incline.

Notre guide a eu à cœur de nous faire découvrir sa région. Nous sommes allés faire un tour de train fantôme dans une mine de fer à Oviedo. Pour aller chercher du fer, les mineurs avaient la chance de faire 12 heures de train fantôme par jour. Même les enfants à partir de huit ou neuf ans avaient ce privilège. Les enfants menus et agiles avaient des besaces remplies de poudre à éternuer. Ils se faufilaient dans les boyaux étroits pour remplir les cavités de cette poudre magique. Lorsque la roche éternuait, ils avaient gagné. Beaucoup d’hommes et d’enfants sont restés ensevelis pour l’éternité. Coucou/caché était un jeu très répandu, déjà, à cette époque. Les mineurs de l’époque ont trouvé que 12 heures de train fantôme c’était beaucoup. Alors ils se sont rebellés, et ont réclamé des droits. Quelle idée, je vous jure. Plus de train fantôme, plus de fer, plus de fer plus d’argent pour les sociétés minières. Dans l’Espagne républicaine de l’époque, inadmissible. Un jeune général plein d’allant fera cesser cette farce. Son jeu préféré coucou/c’est moi le plus fort. En une semaine 3000 mineurs d’Oviedo seront assassinés sous les balles de l’armée du général Franco, /coucou/ je tire, je te tue. Un grand merci aux historiens de nous rappeler l’histoire. En Espagne, la dictature de Franco sera la plus longue dans l’histoire de l’Europe : 40 ans !

Après l’horreur un peu de magie. Notre guide nous parle de Xana personnage magique que l’on peut apercevoir dans les cours d’eau. Certains ont eu la chance de les apercevoir. Bon, après avoir bu beaucoup, beaucoup de cidre. Oui, oui, c’est possible.

Pendant tout ce beau séjour, le temps était clément, et nous avons admiré des paysages somptueux entre mer et montagne. Nous avons eu aussi la chance de marcher 2 heures sous une pluie battante. Il faut être jeune ! Mais nous le sommes ! C’est une bonne nouvelle.

Nous avons mangé plus que de raison. La restauration espagnole, avec ses menus gargantuesques, nous a comblés. Bon d’accord, nous n’avons pas eu nos cinq fruits et légumes par jour comme le recommande l’Organisation Mondiale de la Santé, mais nous avons fait des réserves de viande pour les mois à venir.

Nous avons eu la chance d’aller admirer l’araignée de Louise Bourgeois, 10 mètres de haut, respect madame Bourgeois. Un petit tour sur « Googly » nous informe que cette araignée symbolise pour elle, la figure maternelle à la fois protectrice et castratrice. Bon d’accord !

Derrière l’araignée nous avons contemplé le musée Guggenheim de l’architecte Frank Gehry : somptueux.

Un grand merci aux organisateurs de tous poils qui ont mouillé leur chemise, pour nous proposer ce beau voyage plein de surprises.

Michèle Sabardeil