Sorties randonnées

Lamoura (Jura), du 9 au 16 octobre

Un CR par jour a été demandé aux personnes volontaires, ce qui constitue un important volume de texte. En conséquence,et pour ne pas faire double emploi avec le journal infos, ces textes sont consultables dans la brochure N°122. Ci-dessous, est présenté seulement le premier texte, lequel présente le voyage en quelques lignes.

J’vous jure madame, le Jura ça grimpe

C’est à la réunion d’information sur notre départ dans le Jura que je découvre avec terreur les dénivelés de nos futures randonnées : 500, 600, 700, 800, 900, presque 1000 mètres de dénivelés. Ils sont fous ces Romains.

Je grogne, je pleure, je m’inquiète. Alors deux solutions s’offrent à moi. Fuir ou lutter. J’ai choisi la lutte, c’est bien plus noble.

Comme d’habitude c’est de bonne heure et de bonne humeur que la troupe de joyeux drilles s’élance vers les sommets jurassiens. Tout est prévu ou presque, haltes diverses, petit dej’, repas du midi, visite.

Nous arrivons le soir au village de Cap France à Lamoura, où nous sommes accueillis par une équipe jeune et sympathique. Les chambres sont agréables, et nous nous installons tranquillement. Certains, comme moi, ont fait le choix d’une chambre individuelle. Dans la mienne il y a 7 lits d’une place, en plus du mien. J’ai attendu les nains toute la semaine « hé ho, on rentre du boulot », ils ne sont jamais venus. J’vous jure madame, les nains c’est plus ce que c’était.

Les randonnées commencent dès le lendemain matin. Les températures sont fraîches et nous devons gratter le pare-brise tous les jours. Heureusement le soleil sera au rendez-vous toute la semaine. Un vrai bonheur.

L’homme de tête sera le même toute la semaine. Et quel homme ! C’est un cap… c’est un pic… c’est un roc… ! Mais un roc de papier qui n’a que faire de toutes ces nouvelles technologies. Elles peuvent vous lâcher à la moindre occasion. Bugs informatiques, batteries déchargées, et autres plaisanteries de ce genre. Lui, c’est le papier qui le fait vibrer, il préfère la carte au 1/25 000 roulée dans sa poche secrète. Pour lui, le papier reste une valeur sûre. Bien sûr, pour les carrefours mystérieux, les héros se réunissent, et dans ces occasions la technologie peut aider. La troupe attend en chahutant. Si par malheur nous devons rebrousser chemin, les Jurassiens peuvent entendre des hurlements inquiétants !

Nous avons pu admirer tout au long des sentiers, les colchiques dans les prés, la feuille d’automne emportée par le vent, quelques centaurées des montagnes, et bien d’autres fleurs, que seuls quelques poètes avertis savent nommer. Des familles nombreuses de champignons aux chapeaux improbables nous ont permis plusieurs haltes émerveillées.

Les cascades du hérisson sont d’une beauté exceptionnelle. Je croyais voir des hérissons ! Pas un seul ! Alors, j’ai cherché sur Internet. Le nom ne vient pas de l'animal, mais cela viendrait de « Yrisson » qui signifiait « Eau sacrée ». Tout s’explique.

À la fin de la balade des cascades du hérisson, pour tout dire, sur les 300 derniers mètres une voltigeuse de l’extrême a pris une pierre pour tremplin, et hop le sang a coulé. Désinfection, pansement, bandage, les « randonneurs secouristes » ont assuré les premiers secours avec énergie efficacité et rapidité. Mais que les amoureux de la nature se rassurent aucun impact sur l’environnement. Puis, direction l’hôpital du Morbier, où les blouses blanches ont dû sortir le fil et l’aiguille. Nous avons été tous, tourneboulés par cette chute, mais plus de peur que de mal. La voltigeuse va bien. Ouf. J’vous jure madame, la tête ça saigne beaucoup.

La randonnée en Suisse m’a fait tourner la tête. Arrivée en haut d’une montée un tantinet raide, j’ai eu le souffle court, la tachycardie, des sueurs froides, en deux temps trois mouvements, je me suis retrouvée allongée sur le dos, les jambes en l’air et la bouche pleine de sucre. Après ce traitement de choc, tout est rentré dans l’ordre. Solidarité, entraide, empathie, il ne manquait rien. Merci au héros qui a pris mon sac à dos.

Nous avons eu la chance de visiter le fort des Rousses. C’est un ancien fort militaire qui abritait 35 000 hommes et leurs chevaux. La famille Arnaud l’a transformé en fruitière, c’est-à-dire en cave, pour l’affinage du comté. Deux militaires et un cheval et hop, hop, hop, une meule de comté « JuraFlore ». J’vous jure madame, ils sont trop forts la famille Arnaud.

Nous avons terminé la semaine par un pique-nique au bord du lac des Rousses. Soleil, repos, sieste, chocolat suisse. La totale.

Nous avons dû faire le plein d’essence, et devinez quoi ? Une imprudente a voulu s’acquitter de sa dette de carburant, et hop on l’a oubliée dans la boutique. Sans notre perspicacité en calcul mental, elle y serait encore !

Nous avons beaucoup marché, grimpé, sauté, cabriolé, mais nous avons aussi beaucoup ri. L’équipe de Cap France nous a régalé d’apéritifs surprises en tout genre, et en soirées de drôlerie. Les bronzés sont même venus faire du ski avec nous. J’vous jure madame, c’était un délire.

Un grand merci à tous.

Au fait, vous connaissez l’histoire de la banane ?

Pensez à vous la faire raconter au prochain séjour !

Michèle Sabardeil